L’église de Rozoy-le-Vieil

 
 

L’église de Rozoy le Vieil est classée monument historique (5 octobre 1920 et 6 Novembre 1942).

 

Sa partie la plus ancienne, le portail , date du premier quart du 12ème siècle. Il provient probablement de la chapelle d’un prieuré bénédictin fondé par Elisabeth de Crépy, plus connue sous le nom de Sainte Elisabeth-Rose.

 

« Le portail est à triple rouleau. Le rouleau du milieu est orné d’un gros boudin, lequel se continue au jambage de la porte ; on voit ici l’amorce de la colonne engagée ; celle-ci s’orne d’un chapiteau maladroit et d’un talloir sculptés : sculptures très frustres d’un caractère et d’une exécution archaïques ; à droite le torse d’un homme aux bras levés ; à gauche une sorte d’éventail à sept branches ; au talloir et tout autour de l’arcade de la porte, des motifs en étoile. »

 

Le reste de l’église date du 16ème siècle (Elle a été dédiée à Notre Dame et à Saint Blaise en 1546 sous la présidence de l’archevêché de Sens). L’église romane préexistante avait probablement été détruite durant la Guerre de Cent Ans (1337-1453). Le chevet en hémicycle a dû être ajouté par la suite; l’église devait se terminer par un chevet plat comme toutes les églises de la région.

 

Sa charpente a la forme d’un vaisseau renversé dont la poupe ronde coiffe toute l’église. Les entraits transversaux minutieusement taillés et polis sur huit faces s’ornent de bagues. L’arrondi du chœur offre un travail d’une élégance raffinée.

 

Le retable a été ajouté au 17ème ou 18ème siècle. Il présente, en son milieu, comme une porte de prison avec son judas. Ce retable vient-il d’une autre église ou veut-il signifier une dévotion à St. Pierre (St. Pierre en prison après la Pentecôte) ? Une belle statue en bois de Ste Brigitte datant du XVIIème siècle se trouve à sa gauche.

 

Un banc d’œuvre (ou de l’œuvre) est situé dans la partie gauche de la nef.. C’était la place réservée dans les églises du Loiret (du 30 décembre 1809 jusqu’en 1905) aux membres des ’’Conseils de fabrique’’ et aux deux Marguilliers d’honneur choisis parmi les fonctionnaires publics domiciliés dans la paroisse et chargés de gérer le budget de la paroisse.

 

A droite en entrant, les visiteurs ont leur regard attiré par un retable en bois et une statue en plâtre de la Vierge à l’Enfant.

 

Le porche extérieur, dit caquetoire, présente un intérêt particulier et peut être le plus élégant des porches de pierre connus dans le département. Il est couvert de tuiles de pays et se compose de cinq arcades de pierres portées par des piles octogonales; celle du centre est plus haute.

 

Une pierre ajourée, fixée dans le pignon de la façade, environ à 1,5 m du faite. Est-ce un simple ornement, un symbole ou un moyen d’aération ? Son graphisme n’est retrouvé que sur l’église de Nevoy près de Gien et sur une croix trouvée lors de fouilles à l’église Notre Dame de Melun.

 

Notre église accueille aussi trois pierres tombales qui portent les inscriptions suivantes:

 

• Mathieu Cranson, vivant conseiller du Roi et élu en l’élection de Nemours; 2 Avril 1662.

 

• Marie Cranson, vivante femme Beguin, escuyer, sieur des Novs, décédée le XXVI Février 1643.

 

• La troisième sous le porche semble être la tombe d’un seigneur de Baslin.

 

Les vitraux en nombre de huit, ont été réalisés par le Maître verrier Lionel REGNIER en 1986 pour les vitraux de chœur et en 1988 pour ceux de la nef.

Côté sud, se trouve une trilogie dédiée à la Vierge Marie : « Mon heure n’est pas encore venue (Les noces de Cana) – « Marie qui amène le jeune Jésus au Temple de Jérusalem » - Tout est accompli » (marie au pied de la Croix). La couleur bleue y domine. Cette trilogie est suivie, au dessus de l’ancienne porte du cimetière, par la représentation de la parabole du semeur où domine la couleur jaune. Les deux vitraux du cœur évoquent les deux éthymologies possibles de Rozoy, illustrant l’un avec un rouge très vif, Sainte Rose dans son tronc d’arbre, l’autre Moïse repêché dans les roseaux. Les trois petits vitraux côté nord sont non figuratifs et reprennent les couleurs des autres.

 

°Extrait de l’ouvrage « Eglises du Gâtinais » de Georges Touvenot

Eglise du XVIe siècle

Classée monument historique (5 octobre 1920 et 6 Novembre 1942). Dédié à Notre Dame et à Saint-Blaise(1546).