Monsieur le Préfet, Madame la Sous-préfète,

Messieurs les Parlementaires,

Monsieur le Vice-président du Conseil Général,

Messieurs les Conseillers Généraux,

Mesdames, Messieurs les Maires, adjoints et conseillers municipaux,

Mesdames, Messieurs les personnalités,

Mesdames, Messieurs …

Je vous souhaite la bienvenue au nom du Conseil Municipal de Rozoy le Vieil et des habitants de notre commune.

Nous sommes particulièrement heureux de recevoir Monsieur Bernard Fragneau, Préfet de la Région Centre et Préfet du Loiret. C’est un plaisir et un honneur pour notre village de recevoir une personnalité de son rang.

Nous sommes réunis à l’occasion de la fin des travaux de restauration du pressoir de Rozoy le Vieil. Ces travaux s’inscrivent dans une politique communale de sauvegarde de notre patrimoine bâti et de notre patrimoine naturel qui a permis récemment la remise en état de la chapelle funéraire d’Eugène Frégis et la réfection de la voute de notre église communale.

Notre pressoir a été construit au XIXème siècle avec pour destination la fabrication de cidre et de poirée qui étaient les boissons traditionnelles des habitants du Bocage Gâtinais, tout comme le vin, lui aussi produit et pressé localement. Ce pressoir a été légué à notre commune par le pasteur Guy Berner à la condition expresse d’en faire un lieu de culture.

Nous avons voulu une restauration qui préserve le bâtiment et ne le dénature pas. Nous avons veillé à ce qu’il soit accessible aux personnes handicapées ou âgées.

Un petit village comme le nôtre n’a pu mettre en place une telle opération de sauvegarde de son patrimoine que grâce à l’aide de l’Etat, du Département, de la Fondation du Patrimoine, de mécènes (Crédit Agricole, Intermarché Courtenay et Lions Club Gâtinais Montargis) et d’une cinquantaine d’habitants de Rozoy le Vieil et de villages environnants. Je tiens à les remercier tous aujourd’hui.

Ce pressoir appartient légalement à la commune. Nous avons la charge de l’entretenir et de le préserver mais finalement, comme tout patrimoine culturel ou naturel, il appartient à l’ensemble de l’humanité.

Préserver son patrimoine, c’est un hymne à la beauté. L’ensemble constitué par l’église et le pressoir est simple et beau. Le préserver, c’est contribuer à assouvir le besoin de beauté qui est ancré au plus profond de l’âme de chacun.

Préserver son patrimoine, c’est rendre hommage à ses anciens. Ce pressoir témoigne du savoir-faire et du goût du travail bien fait de nos ancêtres de sang ou de cœur.

Préserver son patrimoine, c’est faire preuve de curiosité intellectuelle. Ce pressoir nous incite à partir à la recherche des modes de vie et des usages des temps anciens. Il permet de mieux comprendre notre environnement, de nous y adapter et d’éviter des erreurs.

Préserver son patrimoine, c’est participer au développement du tourisme. Le tourisme est une richesse qui a été trop longtemps ignorée dans nos villages et qui est génératrice d’emplois et de bien être.

Préserver son patrimoine, c’est aussi donner des racines à nos concitoyens pour éviter que nos villages deviennent de simples cités dortoirs. L’existence de racines est nécessaire à l’être humain et c’est un gage de bien être et d’harmonie sociale.

Notre action n’a de sens que parce qu’elle n’est pas isolée et qu’elle s’inscrit dans  la continuité de la politique de l’Etat, de la Région, du Département et du Pays Gâtinais.

Notre canton a la particularité d’avoir occulté son passé pendant de trop longues années. Lorsque adolescent, j’ai découvert Rozoy le Vieil et les villages environnants, je me suis trouvé face à un terroir sans histoire, du moins sans histoire connue de ses habitants. Pierre de Courtenay était plus connu à Istanbul qu’à Courtenay ! L’épopée des nones de Rozoy le Vieil puis de Rozoy le Jeune se résumait en des amas de pierres bien utile pour consolider les soubassements des granges. Nous avions oublié nos racines !

Cet oubli de notre passé a eu pour conséquence une absence de protection de notre patrimoine rural et la disparition de petites merveilles comme la ferme du Château Vert à Rozoy le Vieil.

Ce même oubli de notre passé n’a pas permis l’émergence de mythes fondateurs indispensables à la cohésion de tout groupe humain. C’est ainsi que l’absence d’un projet commun pour le Canton de Courtenay et donc d’une communauté de communes, me semble être moins le fruit de maladresses, d’erreurs ou de mauvaises volontés que l’absence reconnaissance d’un passé commun et donc d’un avenir commun.

A l’instigation de Georges Thouvenot et de bien d’autres, notre conscience d’être les héritiers et les gardiens du patrimoine gâtinais s’est développée à un point tel que nous sommes nombreux à souhaiter la création d’un Parc Naturel Régional du Bocage Gâtinais qui permettrait de préserver nos patrimoines naturels et bâtis et de contribuer au développement économique de notre terroir.

La notion de Bocage Gâtinais n’est pas une vue de l’esprit, c’est pour nous une réalité au quotidien comme en témoigne ici la présence d’élus du sud de la Seine-et-Marne et du nord de l’Yonne. Je tiens à saluer tout particulièrement ….

Pour un village comme le nôtre, préserver et valoriser son patrimoine bâti, ce n’est pas faire preuve de nostalgie ou rêver à un âge d’or qui n’a jamais existé. C’est se projeter vers l’avenir et le préparer.

Nous comptons sur le Plan Local d’Urbanisme Sivomal en cours d’élaboration pour préserver les paysages et pour nous aider à protéger les sites de Rozoy caractéristiques du Bocage Gâtinais tels nos deux abreuvoirs et nos hameaux isolés.

Nous sommes conscients que nous allons devoir résister aux pressions de spéculateurs qui voudraient faire de notre région un « Sarcelle » à plat avec de minuscules terrains et des constructions sans caractère et donc sans liens avec nos racines.

Nos anciens nous ont transmis un patrimoine de qualité qui a été partiellement massacré dans les années 70 avec un développement anarchique des résidences secondaires et l’absence de vision à long terme. Protégeons-le et transmettons-le en bon état à nos enfants !

N’oublions jamais que la sauvegarde du patrimoine ne doit pas se réaliser au détriment du développement économique mais en être une composante. C’est pourquoi nous sommes satisfaits d’avoir pu réaliser ces travaux cette année et d’avoir ainsi contribué modestement au soutien de l’économie.

Je vais maintenant céder la parole à Monsieur Frédéric Néraud, Directeur Général de la Fondation du Patrimoine